Sauvegarde des Enseignements Littéraires
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Bienvenue sur le site de l'association pour la Sauvegarde des Enseignements Littéraires…

Fondée par Jacqueline de Romilly, de l'Académie Française.


Association ayant pour but de soutenir l'ensemble des enseignements littéraires dans l'éducation des jeunes français. Paris (75). 
 
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Message de Monique Trédé aux membres de SEL

 

 

Chers Amis,

 

           

Vous l’aurez deviné : nul plus que moi ne regrette – tout en le comprenant -  le souhait de Paul Demont d’être déchargé des fonctions de Président de SEL qu’il assume depuis treize ans avec les talents et le dévouement que nous lui connaissons tous. Notre reconnaissance lui est acquise et son successeur ne manquera pas de  s’appuyer sur son expérience et son amitié.

 

La respectueuse affection  qui nous liait à Jacqueline de Romilly aussi bien que l’analyse de la situation à laquelle nous sommes confrontés vingt ans après la fondation de SEL nous ont convaincus que c’était un devoir de poursuivre  ses efforts et son action ; et les amicales pressions  de plusieurs membres du bureau,  m’ont persuadée d’accepter cette responsabilité pour une brève période de transition qui devrait nous permettre de passer le flambeau à la génération qui nous suit .

 

Notre but, avec votre soutien, plus que jamais indispensable, reste le même : soutenir, avec les Associations partenaires  (CNARELA, Sauver les Lettres, APL, APLAES, LLE, APFLACPL, Reconstruire l'Ecole) l’ensemble des enseignements littéraires dans l’éducation des jeunes français,  non par corporatisme mais parce que nous pensons que la liberté intellectuelle et la créativité des « Modernes »  passent  par la confrontation avec les grands textes classiques. Ce qui implique un enseignement de la langue française , du vocabulaire et de la grammaire, dans le cycle élémentaire - et nous saluons la décision du Ministre de commencer la « refondation » de notre système d’enseignement par ce premier cycle – suivi au cours des années de collège et de lycée d’une étude des textes littéraires classiques centrée sur la découverte du sens et de la beauté. Nous sommes encouragés dans cet effort par l’action des jeunes normaliens qui année après année font découvrir à des classes entières de collégiens la civilisation gréco-romaine et ses productions artistiques avec un plein succès. Deux d’entre eux seront proposés comme nouveaux membres du CA lors de notre prochaine Assemblée générale. Avec leur enthousiasme comme élixir nous vous disons cette fois encore :

 

Haut les cœurs et très bon courage !

 

 

 

 
 
 

On trouvera dans l'allocution de Paul Demont à l'Assemblée générale du samedi 23 mars 2013 le compte-rendu d'une audience au Ministère de l'Education nationale auprès de M. Laurent Crusson, conseiller de M. Vincent Peillon (voir archives), et d'autres informations.

 

 
 
 
 

 
 
 

 
 Déclaration adoptée par les membres de l’Académie française
dans sa séance du jeudi 21 mars 2013

 

Le Conseil des ministres a examiné le mercredi 20 mars un projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche qui contient une disposition propre à dégrader la situation de la langue française dans l’enseignement supérieur.

L’actuel article L121-3II du Code de l’Éducation dispose que la langue de l’enseignement supérieur est le français, sauf deux exceptions justifiées par les nécessités pour l’enseignement des langues étrangères ou pour les enseignements des professeurs étrangers invités.

Le projet de loi ajoute à cet article deux exceptions supplémentaires :

- lorsque les enseignements sont dispensés dans le cadre d’un accord avec une institution étrangère ou internationale ;

- ou dans le cadre de programmes européens.

La première exception est beaucoup trop large. Dans sa rédaction actuelle, elle favoriserait le jumelage entre universités françaises et étrangères et le mécénat international de chambres de commerce ou d’institutions professionnelles en faveur d’universités françaises. Qui peut contester le bien-fondé d’une telle intention ? Mais avons-nous bien mesuré la contrepartie exigée : l’enseignement obligatoire en langue étrangère ?

Ce ne serait plus une exception, mais une suspension du principe général.

Il ne paraît donc ni opportun, ni même possible d’adopter pareille disposition de loi dont la valeur symbolique serait d’autant plus grande qu’elle serait plus vague, et qui inaugurerait de véritables franchises linguistiques dans les universités françaises.

La deuxième exception constitue une menace tout aussi importante pour la situation de la langue française dans l’enseignement supérieur.

Sans nullement méconnaître les nécessités des adaptations et de l’ouverture aux langues étrangères, le principe constitutionnel selon lequel la langue de la République est le français ne doit souffrir, dans le domaine de l’enseignement supérieur, que des exceptions rigoureusement justifiées et précisées, donc limitées.

Tel n’est pas le cas de l’exception mentionnée plus haut.

Lier une exception en faveur des langues étrangères à un programme européen est un contresens et ouvre la porte à des interprétations dangereuses, et pas seulement dans le domaine de l’enseignement. Contrairement au terme « accord », précédemment utilisé, le terme « programme » est tellement général qu’il ne peut fonder à lui seul des dérogations en matière de langue.

Les considérations qui précèdent relèvent d’une application pratique et de bon sens d’un principe fondamental auquel il ne doit être touché qu’avec une grande prudence. La disposition législative envisagée, de caractère général, présente le risque d’être utilisée trop largement et, en dernier ressort, de porter atteinte au principe lui-même.

L’Académie française, fidèle à sa vocation de gardienne de la langue et de son évolution, souhaite attirer l’attention sur les dangers d’une mesure qui se présente comme d’application technique, alors qu’en réalité elle favorise une marginalisation de notre langue. En conséquence, l’Académie française demande instamment au législateur de renoncer à introduire dans la loi une disposition portant atteinte au statut de la langue française dans l’Université.

 

 


 
Un rapport de l'Inspection générale sur "l'enseignement des langues et cultures de l'antiquité dans le second degré" est publié sur le site du Ministère de l'Education nationale (Rapport n° 2011-098
 

 

 Baccalauréat, évaluation et formation


Un rapport sur le baccalauréat, signé par diverses inspections (dont un représentant de l'inspection des finances, et son influence est très sensible), peut être consulté sur le site du Ministère de l'éducation nationale, sous le titre: "Propositions pour une évolution du baccalauréat". A côté de suggestions intéressantes, mais probablement peu réalistes, par exemple en faveur de l'instauration de notes éliminatoires dans les matières les plus importantes de chaque série, on y trouve certaines recommandations inquiétantes, notamment dans deux domaines.
 
Observant, ce qui est incontestable, l'inflation des mentions au baccalauréat, le rapport l'attribue principalement aux points supplémentaires accordés aux options facultatives et en tire deux conclusions: cela "entretient le sentiment d'une perte de valeur du diplôme", et donc, ajoutent-ils, "le principe d'octroi de points de majoration afférents aux épreuves facultatives, dont l'effet est de surcroît amplifié par la mise en œuvre de coefficients multiplicateurs, constitue une anomalie qui devrait être remise en cause". Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. Les rédacteurs semblent ignorer les consignes données aux jurys, dans les matières obligatoires à fort coefficient, pour que les notes permettent d'atteindre les résultats attendus (par exemple, interdiction de tenir compte de l'expression française et de l'orthographe dans une épreuve d'histoire, car ce serait faire de la discrimination sociale, ou encore la notation sur plus de 20 dès qu'une épreuve semble trop difficile, sans oublier les consignes pour noter généreusement les "Travaux personnels encadrés"): c'est cela qui doit susciter les doutes sur la "qualité certificative", et non pas le rôle des options. Que les options facultatives soient récompensées par l'accès à telle ou telle mention est bien le moins qu'on puisse faire pour encourager les élèves à accepter l'effort qu'elles impliquent ! Les salves tirées contre les enseignements optionnels, tous mis sur le même plan, paraissent surtout inspirées par des motifs d'économie. Leurs conséquences risquent d'être dramatiques, pour les langues anciennes et pour les autres options, en cas de réforme du baccalauréat après les prochaines élections.

Un second domaine est peut-être plus préoccupant encore. Il concerne les épreuves écrites. L'objectif est, je cite, de "dépasser le mythe de l'épreuve terminale écrite comme garantie exclusive d'équité". De beaux tableaux sont présentés, qui montrent les avantages considérables, notamment du point de vue financier, du QCM (questionnaire à choix multiples) par rapport à l'épreuve écrite. Ces beaux tableaux ont malgré tout une vertu. Chaque type d'épreuve est accompagné d'une évaluation de son coût, de sa valeur docimologique et d'autres critères d'évaluation. Parmi ces critères figure la "capacité à évaluer les compétences d'expression écrite". De façon très objective, les inspecteurs sont bien obligés de mettre en face du QCM, pour cette rubrique: capacité nulle; et en face de l'épreuve écrite: capacité élevée. En revanche, pour la rubrique du coût, en face du QCM on lit: coût faible, et en face de l'épreuve écrite: coût élevé. Et la messe est dite. Tout en avouant au passage qu'une épreuve écrite est nécessaire pour évaluer la capacité à écrire, ce que M. de la Palice aurait pu dire, ils recommandent la multiplication des QCM… Bientôt viendra le moment où la seule épreuve écrite que l'on concèdera, au moins à titre provisoire, sera l'épreuve de français, à condition qu'elle ne soit pas trop littéraire. Le problème ne concerne pas seulement l'évaluation, bien sûr. Si les QCM se généralisent au bachot, ce sera bien sûr tout l'enseignement, en amont, qui sera orienté dans cette perspective, et ce sera un nouveau, et dramatique, recul de la maîtrise de l'expression écrite en français.

Nous disons: halte au feu ! 

 

 


 



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Une note sur les Humanités publiée par le Centre d'analyse stratégique
Les Humanités au cœur de l'excellence scolaire et professionnelle Lire la suite…
Postée le 17/03/2013
 

 
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